Vu la hauteur de l'édifice, on peut estimer que le hall d'accueil de la tour Oxygène de Lyon est étroit. Les architectes d'intérieur ont misé sur les interactions avec la rue pour donner un peu de volume à l'espace. Une vêture en Inox accrochée en porte-à-faux dans le hall sert de miroir aux reflets intérieurs et extérieurs.

Jan Meyer | 1 décembre 2010 | Métal Flash n° 0094

Une vêture Inox en dialogue avec la rue

La tour Oxygène à Lyon aura certainement été un des édifices marquants parmi ceux construits en 2009. Avec ses 28 étages et 115 mètres de hauteur, il s’agit du dernier lGH sorti de terre en France. Si, sur le plan constructif, on reste dans un schéma relativement classique d’ossature béton et mur-rideau verre et aluminium, cette opération s’est distinguée par des délais extrêmement réduits : à peine deux ans séparent les travaux préparatoires de l’emménagement des premiers locataires.

Située face à la gare de la Part-Dieu, cette tour se remarque tant par sa forme elliptique que par son hall d’entrée. Il est logé devant un débord en oblique de l’étrave de la façade. Cette entaille de 26 mètres de haut forme un abri autant qu’un signal fort pour marquer l’accueil. Or, ce débord est réalisé aux dépens de la surface au sol dans le hall.

« Le hall étroit en devers nous a obligés à jouer la franchise, à tout montrer. Les structures de l’immeuble comme un regard sur la ville. Il n’y avait rien à cacher alors autant jouer avec« , explique Stéphane Quigna, directeur de projet du département architecture intérieure et design chez Arte Charpentier Architectes, le maître d’œuvre. Avec un traitement minimaliste, il opte pour un grand écran métallique de 11 mètres de long, une surface nerveuse en acier inoxydable dont le seul objectif est de créer « une vibration qui puisse défragmenter la lumière« . L’architecte a réussi à convaincre le maître d’ouvrage, réticent au départ, à investir dans un tel ouvrage qui « n’a pas de fonction propre sinon à dilater l’espace ».


Une tôle de 8/ 10 délicate à manipuler.

Cet écran, appelé la vêture, est constitué de 35 tôles de 8/10 en Inox poli et nervuré. Ce produit n’est pas courant. « Nous avions obligation par l’architecte de travailler avec cette tôle distribuée par Modul France« , explique Christophe Pitance, dirigeant de Pitance Métal à Saint-Genis-Laval (69). Il s’agit de la tôle profilée N2 en Inox poli de Fielitz, une entreprise allemande orientée sur les solutions métalliques spéciales et notamment celles destinées aux agencements intérieurs. Livrée au format 2 800 x 1 100 mm la N2 pèse tout de même 22 kg.

Compte tenu de sa faible le épaisseur, elle est d’une grande sensibilité aux chocs et reste difficile à manipuler. Elle nécessite d’être transportée avec une extrême précaution. Afin de la rigidifier, le métallier a choisi de la coller sur une tôle en aluminium. Ces panneaux ont ensuite été fixés sur une structure légère en tubes acier qui est elle-même montée sur une ossature primaire en HEA fixée sur le mur béton. Cette structure est un moyen de mettre l’écran dans un porte-à-faux sous lequel on a placé un escalier métallique permettant d’accéder à la mezzanine du hall.

L’espace créé devant le mur permettait aussi d’imaginer un réglage fin dans les trois plans de chaque élément grâce à un système de vis. Entre chaque panneau se trouve un joint creux de 5 mm derrière lequel, pour le rendre plus discret, le métallier a pris soin de placer un U en inox poli miroir. « Afin que le joint se fonde dans l’écran« , précise le métallier. Autre détail de finition : le pourtour de cet écran a été réalisé avec une cornière en Inox microbillé, une manière de « fermer » sobrement cette « œuvre« .

D’après Yann Tollet, conducteur de travaux chez Pitance SAS, « l’ouvrage est un des plus compliqués à avoir été installé dans cette tour« . Les précautions à prendre lors du collage en atelier mais surtout lors de la pose sur chantier ont été un peu sous-estimées par le métallier pourtant habitué des projets de décoration et d’agencement à base d’Inox.

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